Présentation
Pitch
Dans les films sur la rue, la copine, la mère, la femme qui attend n'ont souvent que quelques minutes à l'écran — juste assez pour montrer que le héros a quelque chose à perdre. Pourtant ce sont elles qui portent les vraies conséquences de ce que ces hommes choisissent. ATTENDS-MOI leur donne 1h30, pas quelques minutes.
Jessica a seize ans quand elle tombe amoureuse de Mehdi. Elle a dix-huit quand elle accouche seule, pendant qu'il est en détention. Elle en a vingt-cinq quand elle comprend enfin que l'attendre n'est plus un acte d'amour, mais un empêchement à vivre.
Ce n'est pas un film sur la délinquance. C'est un film sur ce que ça coûte d'aimer quelqu'un qui ne sait pas rester — et sur la femme qui, à la fin, choisit de rester debout sans lui.
Postes recherchés
Production
Matériel et accessoires recherchés
Dates et lieux de tournage
Stade actuel d'avancement
Scénario finalisé
Synopsis
Jessica et Mehdi se rencontrent à l'adolescence, 16 ans chacun. Leur amour est
immédiat, fait d'insouciance et de complicité, dans un quartier où la rue occupe toute
la place. Avec le temps, leurs trajectoires divergent : elle aspire à une vie stable, lui
reste happé par les codes et les risques de la rue.
Deux ans plus tard, Jessica tombe enceinte. Peu après, Mehdi est incarcéré pour
une première peine. Il sort deux ans plus tard, tente de reprendre une vie normale —
mais ses efforts restent fragiles. Il replonge, cette fois dans un braquage qui tourne
mal, et écope d'une peine bien plus longue.
C'est là que quelque chose change dans le regard de Jessica. Ce n'est pas la fin de
l'amour — c'est la fin de l'attente passive. Elle travaille, tient son appartement, élève
seule leur fils. Elle construit quelque chose qui lui appartient.
Quand Mehdi sort en conditionnelle, son retour n'est pas une bonne nouvelle : c'est
une menace autant qu'une espérance. Parce qu'elle a construit sans lui. Parce que
son fils a grandi sans lui. Parce qu'elle sait maintenant ce qu'elle vaut.
Mais la reconstruction reste fragile — les anciens réflexes, les anciens visages, ne
disparaissent jamais tout à fait. Le jour où le passé de Mehdi revient frapper à sa
porte, Jessica devra choisir : continuer à l'attendre, ou accepter que ce combat-là n'a
jamais été le sien.
Une précision utile : ce synopsis reste chronologique, ce qui est normal et attendu
pour ce type de document — même si le film, lui, va s'ouvrir en flash-forward puis
revenir en arrière (comme on l'a décidé plus tôt). Le synopsis d'un dossier sert à
faire comprendre l'histoire dans l'ordre à un lecteur pressé ; il n'a pas besoin de
reproduire la structure de montage du film. Aucune contradiction entre les deux
Note d'intention
Un film écrit et réalisé par Rachel Ifete
D'où vient cette histoire
Cette histoire est la mienne. Pas inspirée de faits réels : la mienne, avec ses
contradictions, mes silences, mes choix que personne autour de moi ne comprenait
vraiment.
L'année dernière, j'ai fait un retour sur ma vie. J'ai commencé à écrire. Et j'ai compris
ce que je portais depuis longtemps sans pouvoir le formuler : personne ne nous
donne la parole. Ces femmes existent dans chaque cité de France. Elles remplissent
les salles d'attente des maisons d'arrêt chaque week-end. Au cinéma, elles existent
en arrière-plan — comme décor, comme preuve que le héros a quelque chose à
perdre. Je voulais leur donner 1h30.
Ce que je veux raconter
ATTENDS-MOI n'est pas un film sur la délinquance ni sur la rédemption. C'est un
film sur une femme qui aime — les yeux ouverts — un homme qui ne sait pas rester,
et sur ce que cet amour lui coûte.
Jessica n'est pas une victime. Elle choisit, même quand ses choix la détruisent un
peu. Elle part, elle revient, elle pose des conditions, elle craque, elle tient. Cette
respiration entre partir et rester, c'est le cœur du film.
Le cinéma français parle souvent de la banlieue. Rarement depuis l'intérieur d'une
femme qui y vit.
Ma vision de réalisatrice
Je veux un film qui se ressent avant de se comprendre. Une caméra proche des
corps, portée à l'épaule, qui suit Jessica comme une présence plutôt qu'un regard
qui la juge — qui tremble quand elle tremble, qui reste immobile quand elle n'a plus
la force de bouger.
Une lumière naturaliste : les néons froids des institutions, le jaune des lampadaires
la nuit, la lumière douce d'une cuisine qui sent le café. Pas de musique qui dicte au
spectateur ce qu'il doit ressentir — des silences qui lui laissent la place de ressentir
par elle-même.
Pourquoi maintenant
Parce que j'ai vécu chaque scène de ce film, et que personne d'autre ne peut la
raconter avec cette vérité là. Cette histoire, je la porte depuis des années. Il est
temps qu'elle existe.
Extrait de la continuité dialoguée
Voici le bloc nettoyé et reformaté, prêt à copier :
SCÈNE 50 — INT. MAISON D'ARRÊT DE FRESNES — HALL D'ACCUEIL PARLOIR — JOUR
Jessica entre, crispée, un sac à la main. Elle est enceinte, mais ça ne se voit pas encore. Des femmes attendent, debout ou assises. Certaines parlent fort, d'autres fixent le sol.
Jessica s'approche du comptoir, tend son papier d'autorisation, maladroite. Une femme d'une quarantaine d'années, habituée des lieux, l'observe.
FEMME DU PARLOIR
(à voix basse, bienveillante)
C'est la première fois ?
Jessica hoche la tête. Elle serre son sac un peu plus fort.
FEMME DU PARLOIR
T'as une pièce pour le casier ? Non — ici c'est un jeton. Ils te le donnent, tu le rends en sortant.
Elle la regarde.
FEMME DU PARLOIR
Et écoute moi bien : si tu ramènes du shit ou de la nourriture, planque lès bien. Y a des fouilles surprises. Et parfois les chiens. Si ça arrive, faut rien garder sur toi — tu jettes tout avant d'entrer. Sinon, garde à vue direct.
Jessica écarquille les yeux.
FEMME DU PARLOIR
T'inquiète. On est toujours prévenues à temps. Et évite les soutifs avec des baleines — ça sonne direct. Tu n'as pas envie qu'on te demande d'enlever ton haut devant tout le monde.
Un temps.
FEMME DU PARLOIR
Ah, et prépare toi. Les surveillants ici traitent les familles comme de la merde. Comme si c'était nous, les coupables. Mais on s'habitue. Trop vite, même.
Jessica ne répond pas. Elle fixe la porte blindée qui mène au couloir du parloir.
SURVEILLANT (O.S.)
Belkacem. Parloir 2.
Jessica inspire. Se lève. Ses jambes sont en coton.
SCÈNE 51 — INT. SALLE DE PARLOIR — MAISON D'ARRÊT DE FRESNES — CONTINU
Une porte s'ouvre. Mehdi entre, amaigri, survêtement délavé. Son regard s'éclaire brièvement en voyant Jessica assise. Ils ne peuvent pas s'embrasser. Un petit muret les sépare. Ils se regardent seulement.
MEHDI
Tu es venue...
JESSICA
Tu croyais quoi ? Bien sûr que je suis venue.
Un silence. Elle sort discrètement un petit sachet de son paquet de mouchoirs et le glisse sous la table.
JESSICA
(à voix basse)
Samir m'a dit que t'en aurais besoin...
Mehdi prend sans un mot. Il la fixe.
MEHDI
Je suis désolé, Jess... je te jure que dès que je sors, je remets tout à l'endroit.
JESSICA
Tu crois que je peux tout porter, Mehdi ? Tu as pensé à moi un moment ?
MEHDI
Je te jure... je voulais me mettre au vert. Mais c'était trop tard. Y'avait déjà une enquête sur moi. Même si j'avais tout stoppé, ils seraient venus me soulever quand même.
Jessica baisse les yeux. Elle sait qu'il a raison. Elle ne dit rien. Juste un souffle court.
JESSICA
Je me voyais préparer la chambre avec toi... Aller aux échos, choisir le prénom ensemble... T'entendre râler parce que je fais trop de bruit la nuit... Je me voyais accoucher avec ta main dans la mienne. Mais là, je vais tout faire seule. Je suis même pas prête pour moi, et faut déjà que je porte pour deux.
Mehdi tend la main, sans un mot. Elle hésite, puis la prend.
SURVEILLANT
(tapote sur la vitre)
Parloir terminé.
Jessica se lève lentement. Elle quitte la pièce sans se retourner. Mehdi reste seul derrière la vitre, la main fermée sur le sachet. Il regarde dans le vide. Il encaisse.
Environ 500 mots, autonome, montre les deux registres de ton écriture. Si le formulaire a une limite de caractères précise, dis-le-moi et je le raccourcis en gardant la scène 51 en priorité — c'est la plus forte émotionnellement des deux.
Matériel de tournage disponible
Liens utiles et informations complémentaires
Remerciements
Merci à toutes les femmes qui se reconnaîtront, de près ou de loin, dans cette histoire.