Présentation
Pitch
Dans les films sur la banlieue, la copine, la mère, la femme qui attend n’ont souvent que quelques minutes à l’écran — juste assez pour montrer que le héros a quelque chose à perdre.
Pourtant, ce sont elles qui vivent les vraies conséquences de leurs choix.
ATTENDS-MOI leur donne enfin 1h30.
Ce n’est pas un film sur la délinquance.
C’est un film sur la vie. Sur les choix qui peuvent tout faire basculer. Sur les principes auxquels on s’accroche, sur la loyauté qui peut devenir un poids, sur la vision que l’on a de la vie, sur la solitude, l’attente et l’acharnement à continuer malgré tout.
ATTENDS-MOI, c’est notre histoire.
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Production
Matériel et accessoires recherchés
Dates et lieux de tournage
Stade actuel d'avancement
Scénario finalisé
Synopsis
Jessica et Mehdi se rencontrent à l'adolescence, 16 ans chacun. Leur amour est immédiat, fait d'insouciance et decomplicité, dans un quartier où la rue occupe toute la place. Avec le temps, leurs trajectoires divergent : elle aspire à une vie stable, lui reste happé par les codes et les risques de la rue.
Deux ans plus tard, Jessica tombe enceinte. Peu après, Mehdi est incarcéré pour
une première peine. Il sort deux ans plus tard, tente de reprendre une vie normale —
mais ses efforts restent fragiles. Il replonge, cette fois dans un braquage qui tourne
mal, et écope d'une peine bien plus longue.
C'est là que quelque chose change dans le regard de Jessica. Ce n'est pas la fin de
l'amour — c'est la fin de l'attente passive. Elle travaille, tient son appartement, élève
seule leur fils. Elle construit quelque chose qui lui appartient.
Quand Mehdi sort en conditionnelle, son retour n'est pas une bonne nouvelle : c'est
une menace autant qu'une espérance. Parce qu'elle a construit sans lui. Parce que
son fils a grandi sans lui. Parce qu'elle sait maintenant ce qu'elle vaut.
Mais la reconstruction reste fragile — les anciens réflexes, les anciens visages, ne
disparaissent jamais tout à fait.
NOTE D’INTENTION
Un film écrit et réalisé par Rachel Ifete
D’où vient cette histoire ?
Je l’ai vécue.
L’année dernière, j’ai dû, pour accepter, revenir sur mes blessures les plus profondes. La période carcérale en fait partie et puis on m’a conseillé d’écrire.
Au début, je voulais simplement extérioriser ma torture intérieure.
Mais l’écriture a petit à petit pris la forme d’un scénario (comme si je me racontais l’histoire, avec des flashs d’images qui me reviennent , des odeurs , des couleurs). Je devenais alors Jessica et mon conjoint Mehdi, comme pour me détacher, car pas encore prête à affronter cette réalité en mon nom propre.
Alors j’ai cherché des documentaires, des films, des séries qui parlent de nous, les femmes de détenus, nous qui sommes pourtant piliers du milieu *carcéral, et j’ai peu trouvé.
*Le milieu carcéral définition :
En sociologie et en langue française, un « milieu » définit un groupe humain qui possède ses propres règles, ses codes et ses habitudes.
La prison, en termes moins enjolivés, c’est ça : ses règles, pas de soutien à balaine, pas de retard car risque de refus au parloir, ses codes, les femmes en jupe pour que les hommes obtiennent un rapport sexuel, les habitudes, les parloirs, les appels le soir et les mandats.
On vit dans deux milieux : celui de la vie avec tout le monde et l’autre.
Moi, je veux nous rendre notre épreuve visible par tous , tout le monde doit savoir ce que cela coûte d’avoir un proche incarcéré.
Extrait de la continuité dialoguée
SCÈNE 50 — INT. MAISON D'ARRÊT DE FRESNES — HALL D'ACCUEIL PARLOIR — JOUR
Jessica entre, crispée, un sac à la main. Elle est enceinte, mais ça ne se voit pas encore. Des femmes attendent, debout ou assises. Certaines parlent fort, d'autres fixent le sol.
Jessica s'approche du comptoir, tend son papier d'autorisation, maladroite. Une femme d'une quarantaine d'années, habituée des lieux, l'observe.
FEMME DU PARLOIR
(à voix basse, bienveillante)
C'est la première fois ?
Jessica hoche la tête. Elle serre son sac un peu plus fort.
FEMME DU PARLOIR
T'as une pièce pour le casier ? Non — ici c'est un jeton. Ils te le donnent, tu le rends en sortant.
Elle la regarde.
FEMME DU PARLOIR
Et écoute moi bien : si tu ramènes du shit ou de la nourriture, planque lès bien. Y a des fouilles surprises. Et parfois les chiens. Si ça arrive, faut rien garder sur toi — tu jettes tout avant d'entrer. Sinon, garde à vue direct.
Jessica écarquille les yeux.
FEMME DU PARLOIR
T'inquiète. On est toujours prévenues à temps. Et évite les soutifs avec des baleines — ça sonne direct. Tu n'as pas envie qu'on te demande d'enlever ton haut devant tout le monde.
Un temps.
FEMME DU PARLOIR
Ah, et prépare toi. Les surveillants ici traitent les familles comme de la merde. Comme si c'était nous, les coupables. Mais on s'habitue. Vite trop vite, même.
Jessica ne répond pas. Elle fixe la porte blindée qui mène au couloir du parloir.
SURVEILLANT (O.S.)
Belkacem. Parloir 2.
Jessica inspire. Se lève. Ses jambes sont en coton.
SCÈNE 51 — INT. SALLE DE PARLOIR — MAISON D'ARRÊT DE FRESNES — CONTINU
Une porte s'ouvre. Mehdi entre, amaigri, survêtement délavé. Son regard s'éclaire brièvement en voyant Jessica assise. Ils ne peuvent pas s'embrasser. Un petit muret les sépare. Ils se regardent seulement.
MEHDI
Tu es venue...
JESSICA
Tu croyais quoi ? Bien sûr que je suis venue.
Un silence. Elle sort discrètement un petit sachet de son paquet de mouchoirs et le glisse sous la table.
JESSICA
(à voix basse)
Samir m'a dit que t'en aurais besoin...
Mehdi prend sans un mot. Il la fixe.
MEHDI
Je suis désolé, Jess... je te jure que dès que je sors, je remets tout à l'endroit.
JESSICA
Tu crois que je peux tout porter, Mehdi ? Tu as pensé à moi un moment ?
MEHDI
Je te jure... je voulais me mettre au vert. Mais c'était trop tard. Y'avait déjà une enquête sur moi. Même si j'avais tout stoppé, ils seraient venus me soulever quand même.
Jessica baisse les yeux. Elle sait qu'il a raison. Elle ne dit rien. Juste un souffle court.
JESSICA voix tremblante
Je me voyais préparer la chambre avec toi... Aller aux échos, choisir le prénom ensemble... T'entendre râler parce que je fais trop de bruit la nuit... Je me voyais accoucher avec ta main dans la mienne. Mais là, je vais tout faire seule. Je suis même pas prête pour moi, et faut déjà que je porte pour deux.
Mehdi tend la main, sans un mot. Elle hésite, puis la prend.
SURVEILLANT
(tapote sur la vitre)
Parloir terminé.
Jessica se lève lentement. Elle quitte la pièce sans se retourner. Mehdi reste seul derrière la vitre, la main fermée sur le sachet. Il regarde dans le vide. Il encaisse.
Matériel de tournage disponible
Liens utiles et informations complémentaires
Remerciements
Merci à toutes les femmes qui se reconnaîtront, de près ou de loin, dans cette histoire.