Présentation
Pitch
Boxeuse et kiné en proie à des pulsions violentes et racistes, Emma voit son couple avec Chloé se briser. En totale perte de repère, elle rejoint l’Active Club, un groupe d’extrême droite où l’on pratique le MMA pour se préparer à la guerre civilisationnelle. La main dans l'engrenage, elle va se heurter à ses propres contradictions, jusqu’à se mettre gravement en danger.
Postes recherchés
Directeur de la photo, électro, machino, ingé son, perchman, assistant réalisation, maquilleur(se), régisseurs, combattants de MMA
Matériel et accessoires recherchés
Dates et lieux de tournage
2027, Alsace
Stade actuel d'avancement
En finalisation d'écriture
Synopsis
Boxeuse et kiné en proie à des pulsions violentes et racistes, Emma voit son couple avec Chloé se briser. En totale perte de repère, elle rejoint l’Active Club, un groupe d’extrême droite où l’on pratique le MMA pour se préparer à la guerre civilisationnelle. La main dans l'engrenage, elle va se heurter à ses propres contradictions, jusqu’à se mettre gravement en danger
Note d'intention
Note d’intention – Active Club
J’ai écrit Active Club à partir d’un malaise. Celui de voir la violence d’extrême droite se déplacer, se recomposer, trouver aujourd’hui des formes nouvelles, plus sournoises, séduisantes pour les hommes, mais aussi pour les femmes. J’ai voulu comprendre comment on peut glisser vers l’inacceptable sans jamais avoir l’impression de basculer. Comme si le cheminement vers le racisme devenait normal et naturel.
Emma est née de cette question. Elle est forte. Trop forte dans un monde qui ne sait pas quoi faire d’une femme en colère. Sa violence n’est pas spectaculaire au départ, presque banale, née d’une frustration comme souvent. Puis elle déborde et explose. Elle fissure l’intime, détruit son amour avec Chloé, isole peu à peu le personnage. Et dans ce vide, la haine s’engouffre.
Le film ne traite pas d’une radicalisation, mais d’une dérive émotionnelle. L’idéologie n’est pas, pour Emma, un point de départ. Elle arrive comme une posture prêt-à-porter qu’on lui tend, qui donnerait un sens à ce qui n’est au fond qu’une immense détresse et une perte de repère. Au départ, Emma en veut aux hommes qui s’en prennent aux femmes, les agresseurs, ceux qui s’imposent par la violence et la force physique. Et il se trouve que dans son entourage les pires agresseurs sont d’origine arabe. Il n’en faut pas plus pour que l’irrationalité du racisme prenne racine.
Active Club raconte comment une colère personnelle peut devenir un racisme de circonstance, possible point de départ d’un racisme idéologique.
De plus en plus de femmes entrent dans des groupuscules d’extrême droite. Et certaines se cherchent une place dans des groupes violents. Et c’est là que la contradiction profonde de ces milieux surgit : l’élargissement de la lutte, qui se veut universelle, sans distinction sexuelle, se heurte à l’impossibilité d’envisager que les femmes puissent exprimer la même violence physique que les hommes. Emma est admise dans le club pour son charisme et sa combativité, puis quand elle se montre l’égal des hommes au bras de fer, elle menace l’ordre naturel. Elle devient une « anomalie » comme le dit Franck. Elle doit revenir à sa place de femme attirante, soumise au désir masculin. Là où elle pensait trouver un espace pour se battre sans retenu et décharger sa colère, elle découvre un système qui ne la tolère que tant qu’elle ne franchit pas la ligne. Emma imagine jusqu’au bout qu’elle pourra s’imposer parmi les hommes en leur prouvant qu’elle est physiquement leur égale. Elle reste dans ce déni jusqu’à la sidérante désillusion finale où Franck tente de la violer. Une terrible désillusion dont l’intensité est proportionnelle à la violence que va déchainer Emma sur son agresseur.
Je tiens à ce que le film adopte un point de vue inconfortable. Emma est loin d’être parfaite. Elle est immature, colérique, influençable, crédule, naïve et profondément ambivalente. Elle est de ces personnes qui ont besoin de se confronter physiquement à la dureté du réel pour trouver leur voie. Et la confrontation sera particulièrement dure pour une femme, lesbienne, qui va chercher à se faire une place dans une communauté d’hommes virilistes.
Le film ne cherche ni à excuser ni à condamner cette folle entreprise : il cherche à comprendre, à montrer les mécanismes à l’œuvre de l’intérieur au sein de l’extrême droite identitaire qui peuvent pousser une femme à de telles contradictions.
La relation entre Emma et Chloé est le cœur battant du film. C’est une histoire d’amour qui échoue, non par manque de sentiments, mais par épuisement après des mois de lutte. Chloé incarne ce qu’Emma n’arrive pas à faire : rester du côté du soin, de la parole, de la mesure. Leur séparation est une blessure qui ne se referme jamais vraiment mais qui laisse l’espoir d’une guérison. Jusqu’au bout, Chloé reste la possibilité d’un autre chemin pour Emma, fragile, imparfait, mais vivant, tendre et salvateur.
La mise en scène sera volontairement ancrée dans le corps. Le corps d’Emma comme terrain de projection de sa force brute, de sa colère, de sa haine, de son désir, de sa frustration. Le sport et les combats ne sont jamais là pour glorifier la violence, mais pour en montrer le coût, l’addiction, la solitude. Je souhaite une mise en scène physique, tendue, sans esthétisation excessive, où chaque coup laisse une trace à l’image, visible et invisible.
Active Club n’est pas un film rassurant. Il ne propose pas de rédemption facile. Mais il se termine sur un refus : celui de disparaître derrière une idéologie, celui de se laisser absorber par un récit mortifère. A la fin ce n’est pas une victoire pour Emma, c’est un sursaut. Et je crois que c’est déjà beaucoup dans le contexte actuel.
Je veux faire ce film parce que je suis convaincu que le cinéma peut encore être un espace où l’on affronte ce qui dérange le plus, sans slogan et sans confort moral.
Active Club est une tentative sincère de regarder en face une violence politique contemporaine en expansion, féminine aussi, et de rappeler qu’avant d’être idéologique, elle est presque toujours intime.