LabFilms.org, pour une plateforme commune au service des créateurs de l’audiovisuel

LabFilms est avant tout un projet collectif, porté par une équipe de passionnés de création cinématographique et vidéo. Réunis sous forme d’association, nous travaillons depuis des mois à la création d’une plateforme web collaborative dédiée spécifiquement à la création audiovisuelle autoproduite. Un espace et outil Commun pensé par des créateurs pour les créateurs, au service de l’émergence des talents, du développement des réseaux collaboratifs et de la professionnalisation.

Nous œuvrons à ce que cette plateforme se présente comme un écosystème complet pour la création audiovisuelle. Elle combinera pour cela, d’une part, un réseau social collaboratif pour mettre en relation et réunir des passionnés autour de projets de films, et d’autre part, un espace de diffusion permettant d’exposer et de valoriser les productions des utilisateurs.

On peut résumer le projet LabFilms à trois engagements fondamentaux :

  1. La mise en réseau des créateurs de l’audiovisuel (tous postes confondus),
  2. La mise à disposition d’outils de gestion de projet et d’espaces collaboratifs en ligne,
  3. Et enfin la valorisation éditoriale des films via l’attribution de différents labels de qualité.

Tout cela, avec l’objectif systématique de favoriser le partage d’expériences et la transmission de compétences entre les utilisateurs. C’est pourquoi d’ailleurs différents espaces participatifs seront mis en place pour favoriser les échanges collectifs et la formation individuelle : des espaces de conseils sur les différents projets, un forum d’entraide, et surtout un catalogue de ressources pédagogiques alimenté par la communauté elle-même.

D’une certaine manière, LabFilms veut redonner du sens au participatif sur le web et c’est une ambition fédératrice qui nous guide véritablement dans ce projet.

Celui-ci se présente comme une réaction face à un certain éparpillement des réseaux collaboratifs, des talents qui les constituent, et des ressources qui vont avec. C’est une réaction aussi pour donner un certain crédit à une création autoproduite, ou guérilla, ou pro-amateur, qui peut avoir d’immenses qualités mais qui est de fait totalement indistincte et noyée dans l’environnement surchargé des grandes plateformes.

Nous avons donc constaté le besoin d’un nouvel espace de partage et de mise en réseau, qui serait pensé aussi bien comme un atelier numérique que comme une vitrine pour les créateurs autoproduits. Une vitrine, mais aussi une passerelle. Une passerelle vers la création professionnelle pour ceux qui souhaitent faire de leur passion leur métier. Car le moment de transition entre monde amateur et monde professionnel constitue un enjeu décisif et un moment délicat pour tous les jeunes diplômés de cinéma et audiovisuel, et encore plus en régions. Nous en faisons nous-mêmes partie !

Pour intégrer un milieu professionnel, il faut non seulement se former, mais aussi et surtout être capable de développer un réseau. LabFilms veut offrir la possibilité de faire les deux à la fois, par la pratique. Ce projet existe donc aussi pour permettre à chacun de construire sa propre voie dans un milieu particulièrement diversifié en termes de métiers et de segments créatifs.

Si, comme nous, vous êtes un passionné de création audiovisuelle, et que vous partagez nos valeurs et nos ambitions, montrez-nous votre soutien en rejoignant la communauté LabFilms via notre page Facebook et notre newsletter ! Un financement participatif se profile à l’automne, pour faire ensemble de ce projet une réalité partagée !

Parcourez labfilms.org pour découvrir tous les détails de la plateforme, ses fonctionnalités prévues et les visuels de l’interface future.

Marathon Vidéo 48H de Strasbourg – La création sous pression

Par Timothée Euvrard

A Strasbourg, le Marathon Vidéo 48H est l’un des événements les plus attendus de l’année par les passionnés de création audiovisuelle. Pour sa onzième édition, le concours créé en 2007 par La Cité de la Prod et repris par Le Club Fiction à partir de 2017, a réuni ce week-end 40 équipes surmotivées. Et il fallait l’être : elles avaient chacune 48H pour écrire, tourner, et monter un film de 3:30 min maximum, sur le thème « Pas de temps à perdre ! », en respectant deux contraintes : « table ronde » et « code secret ». Débrouillez-vous avec ça.

Marine, journaliste audiovisuelle, est venue de Paris pour rejoindre son équipe constituée autour de l’association strasbourgeoise Le Bruit des Courts :

J’ai fait la régie, déco’, et HMC [habillage, maquillage, coiffure ndlr]. Pour une fille qui sait pas maquiller, c’était assez original.

Car même si de nombreux professionnels – souvent en première partie de carrière, les plus pimpants sans doute ! – participent à l’événement, beaucoup de participants s’improvisent à leur poste. Au cadre, il y aura toujours des spécialistes, mais sans doute moins au HMC, ou même au son.

Le Bruit des Courts a pourtant trouvé le sien : Matthias, étudiant en fin de Master Image & Son, a fait le déplacement depuis Mulhouse pour intégrer l’équipe à la prise de son et au mixage. Il a ramené avec lui son matériel et celui de la société de production dans lequel il effectue son stage de fin de cursus.

Le collectif le Bruit des Courts a rassemblé le reste des moyens techniques, et peu de choses en réalité distinguaient leur plateau de tournage d’un plateau professionnel. Ils ne sont pas les seuls au Marathon dans cette logique de rigueur. C’est autoproduit, mais on peut dire qu’il y a de la prod’ !

C’est que l’association, qui réalise de nombreux projets audiovisuels toute l’année, connaît le facteur clef : l’organisation. En un temps de production si ramassé,

Il n’y a pas de place au hasard, confirme Matthias. Chacun a son objectif, chacun a son poste. Pour faire convenablement, pour passer un bon 48H il faut qu’on puisse se relayer. Une personne ne peut pas rester éveillée 48h sans faire n’importe quoi.

Car même si la débrouille est un principe central pour les équipes du 48H, celle-ci peut vite tourner à la panique sans un minimum de rigueur organisationnelle. Le mot d’ordre reste l’efficacité. Marine insiste :

Quand tu as des longs projets, communiquer avec tout le monde et se faire comprendre c’est déjà pas évident, mais plus c’est court, et plus il faut être rapide et efficace.

Mais aussi organisés que l’on soit, impossible d’échapper à l’urgence et au rythme chaotique qu’impose le concours. Le temps de sommeil des participants en témoigne :

On a dormi 5 heures la première nuit, et après il n’y a plus eu de sommeil !  s’amuse Pierre, au cadre sur le tournage.

Mais alors, demandera-t-on, ce ne serait pas un peu la croix et la bannière ce Marathon Vidéo, avec ses délais impossibles et ses contraintes thématiques casse-pieds ? Un peu oui, mais la créativité a aussi parfois besoin d’un bon coup de pied aux fesses pour surgir. C’est un peu ce que suggère Marine :

Je pense que quand tu as des contraintes et un temps très court, tu sais que c’est one shot, et généralement ton cerveau […] il travaille beaucoup mieux quand tu es sous pression et speed. […] Parce que tu pars sur une idée, tu le fais, et tu sais que ça passe ou ça casse, mais au moins tu es efficace dans ce que tu fais et tu ne réfléchis pas dix ans sur ‘’comment je vais faire ce plan, comment je vais faire ça… ‘’ Généralement ça apporte un petit plus, un petit piquant dans la création.

Pression et imagination riment donc lors du Marathon.

Après une nuit d’écriture de vendredi à samedi, la journée du Bruit des Courts a débuté sur les coups de 8h, pour une fin de tournage à 2h du matin et une nuit complète de montage pour l’équipe image. Aux environs de midi, Matthias et son acolyte Etienne venaient les relayer pour le montage son, jusqu’à la livraison du film peu avant 18h. Une fin de parcours pleine de tensions pour l’ensemble des équipes, à n’en pas douter. Matthias raconte :

Le gros stress : l’export, le moment où on se dit ‘’est-ce qu’il va pas planter ?’’ Parce que la carte graphique a planté plusieurs fois pendant le montage. ‘’Est-ce qu’il va partir ?’’ On était à 45 minutes de la deadline, et on était en train de faire le rendu, et là on se disait ‘est-ce que le son est synchro ? Est-ce qu’il n’y a rien qui a bougé ?’ On n’a même pas fait écouter… C’est Adrien le monteur qui a récupéré le master, le film monté, il est parti, on n’avait même pas encore écouté le film. Pendant qu’il était en train de partir on était en train d’écouter sur la télé. […] Donc là c’était grosse grosse pression.

Une production à flux tendu, dans le pur style toyotiste ! Certaines équipes n’ont pas surmonté cette dernière étape de la post-production, quatre ayant finalement dépassé le délai de livraison. Hors compétition, elles étaient tout de même diffusées dimanche soir à l’UGC Ciné Cité, car le Marathon Vidéo est d’abord une fête.

A l’issue de l’expérience, c’est d’ailleurs bien l’aspect collectif et convivial que la plupart des participants retiennent, et qui fait le succès de l’événement depuis toutes ces années. Marine, qui est une professionnelle de l’image, ne fait ici pas exception, insistant sur cet autre aspect de la création audiovisuelle, dont elle s’était quelque peu éloignée :

Ça m’a permis de retravailler en équipe, parce que ça fait quatre ans que je travaille toute seule. Ce n’est pas évident de travailler en équipe quand tu es habituée à tout faire toute seule. Donc j’ai vraiment très envie de le refaire !


L’équipe du Bruit des Courts a remporté dimanche le Prix de l’image du Marathon Vidéo 48H pour son film « Contrat d’effroi ».

Le palmarès complet :

  • Mention Spéciale UGC : « C’est fini ! Ou… », Equipe 38 – Jamann
  • Prix du scénario : « L’amour n’attend pas », Equipe 9 – Atlantis
  • Prix de l’image : « Contrat d’effroi », Equipe 22 – Le Bruit des Courts
  • Prix d’interprétation : Equipe 18 – Bonne question
  • Coup de cœur : « Table rase », Equipe 26 – Vividcam
  • Mention spéciale : « Symphonie à deux temps », Equipe 6 – Gapoma
  • Prix du public : « 8 sec 64 », Equipe 31 – Crushteam
  • Grand prix du jury : « 8 sec 64 », Equipe 31 – Crushteam