LabFilms parie sur vous ! 🎲🎯 Construisons l’outil des créateurs indépendants

Chers abonnés !

Vous êtes plusieurs centaines à vous être inscrits à la newsletter de LabFilms, destinée à vous informer des avancées de notre projet de plateforme. Projet pour lequel notre équipe de bénévoles donne tout depuis plusieurs mois.

Mais c’est aujourd’hui sur vous que nous comptons pour pouvoir réaliser enfin notre ambition : nous avons choisi de parier sur votre motivation à voir émerger la plateforme LabFilms.
D’où la campagne de crowdfunding que nous avons lancée il y a maintenant trois semaines, affichant un ambitieux objectif de 15 000€. Un montant indispensable au lancement du projet.

Pas d’autre choix, il a fallu jouer cartes sur table : tout ou rien. 15 000€ ou pas de plateforme. Notre pari, c’est vous !

LabFilms aujourd’hui, c’est donc plusieurs centaines d’abonnés email, plus de 1600 passionnés de vidéo sur notre page Facebook, mais un nombre de contributeurs comparativement encore restreint sur notre page Ulule pour le moment (83 contributeurs à ce jour).

Nous devons le réaffirmer en toute transparence : LabFilms se fait pour vous, mais LabFilms ne se fera pas sans vous. C’est une certitude.

Nous sommes une association à but non lucratif, pas une start-up. Ce projet sera contributif ou ne sera pas, comme tout projet associatif. Cela fait partie de son identité, cela fait partie de ses valeurs.
Et c’est maintenant ou jamais que vous avez l’opportunité de soutenir ce projet que vous avez suivi de près.

Si chaque abonné concrétisait son enthousiasme par une modeste contribution au projet et un relais de la campagne, nos chances de succès s’en trouveraient très fortement démultipliées. 👐 La plateforme est pour vous, la décision de la mettre en œuvre aussi !
Sur Ulule, c’est 15 000€ ou rien, et nous avons misé tapis ! Suivez-nous et LabFilms suivra. It’s now or never comme dirait Jon Bon Jovi. 😎

De notre côté, nous y croyons dur comme fer car nous savons la qualité de notre proposition, et continuons à nous activer sur tous les terrains pour pousser la campagne toujours plus loin. Pas un jour sans un don jusqu’à présent, même si le rythme reste encore trop bas.

Timothée, président de LabFilms, en intervention sur RBS

Bousculons la manière de faire du cinéma !

Après l’entretien avec les DNA, nous sommes intervenus la semaine dernière à la radio pour parler de LabFilms. Vous avez manqué ça ? Retrouvez le podcast de l’intervention du président de l’association dans l’émission Cité Cultures sur RBS.

Mais ces derniers jours, nous avons surtout enchaîné les rendez-vous et les prises de contacts avec de nombreux créateurs du web et du cinéma autoproduit pour parler du projet et fédérer autour de la future plateforme.

Nos dernières rencontres : Paul Saïsset, de l’équipe du film autoproduit le plus en vogue de l’année Paris est une fête et Pierre Filmon, cinéaste indépendant français passé par Cannes très récemment avec son film Close Encounters with Vilmos Zsigmond. Des gens qui brisent les lignes du cinéma traditionnel et qui sont particulièrement réceptifs aux initiatives comme la nôtre. Ces rencontres nous font sentir la montée actuelle d’une vague créative partant d’en bas et qui bouscule la manière de faire des films en France.

Cette vague créative, vous pouvez en faire partie ! LabFilms est justement là pour la faire grandir et a besoin de votre soutien aujourd’hui pour pouvoir vous aider directement par la suite.

La voie est bien ouverte, allons jusqu’au bout ensemble !
Nous comptons sur votre soutien pour faire vivre la création audiovisuelle indépendante !

On vous adresse un immense merci, et l’on vous dit à très bientôt !
 

Toute l’équipe LabFilms

LabFilms lance sa campagne de crowdfunding ! 🏁 – L’édito de la newsletter #6

Nous vous en parlons depuis des mois, nous y travaillons depuis plus longtemps encore, mais c’est maintenant que l’avenir du projet LabFilms se joue véritablement !

Nous lançons aujourd’hui une grande campagne de financement participatif pour entamer enfin le développement informatique de la plateforme. Un tel projet nécessite des financements importants, et nous avons fixé un objectif minimum de 15 000€ pour compléter la collecte. Si nous ne l’atteignons pas, nous ne toucherons rien. C’est quitte ou double pour LabFilms !

15 000€, c’est le montant minimal pour pouvoir démarrer sérieusement la construction informatique de l’interface. Dans le même temps, la confiance générée par une telle levée de fonds auprès des particuliers faciliterait grandement l’obtention de subventions complémentaires. C’est un élément déclencheur indispensable.
Pour mieux comprendre la stratégie budgétaire, rendez-vous directement sur notre page Ulule.


Nous avons créé ce projet dans un but non-lucratif, pour répondre à une difficulté qui se posait à nous à la sortie de nos études, comme à de nombreux autres passionnés de création audiovisuelle : rencontrer des collaborateurs, acquérir de l’expérience pratique, et développer un réseau.

Nous avons investi énormément de temps personnel, mais également une quantité non négligeable d’argent (création du design de l’interface, frais de communication…), dans le but de créer un outil numérique commun à même de faciliter la pratique audiovisuelle amateure et pré-professionnelle de très nombreuses personnes.

Cette campagne de crowdfunding est un test et un pari. Nous savons que la demande est forte pour une telle plateforme. Nous faisons aujourd’hui le pari que le projet suscitera suffisamment d’intérêt pour inciter ses futurs utilisateurs à contribuer à son financement.
LabFilms a besoin de trouver son public maintenant, pour pouvoir exister sur la durée. Un public prêt à s’engager en amont pour assurer la réussite d’un projet durable auquel il croit.

Nous croyons nous-mêmes profondément en ce projet et n’avons besoin que d’une chose : que vous y croyiez aussi ! C’est pourquoi nous sollicitons aujourd’hui votre contribution personnelle.

Bien qu’Internet nous berce d’une illusion de gratuité, toute chose à un coût. Plus ce coût est partagé, plus le service que vous utilisez vous appartient.

Wikipédia existe parce que des millions de donateurs le soutiennent. Facebook et Google, parce qu’ils monétisent vos données personnelles. LabFilms – à sa mesure – relève du premier modèle, celui du don, ou plus exactement de la cotisation pour accéder à une ressource partagée, à un outil commun qu’il faut bien bâtir et entretenir. Partageons le coût de LabFilms, afin de le posséder ensemble !

Même si le résultat économique est similaire, nous n’exigeons donc pas de vous que vous payiez un accès, mais nous vous demandons de bien vouloir cotiser pour l’existence d’une ressource partagée. Ce n’est pas la même approche ni la même philosophie : la mutualisation est préférée à la privatisation.
Le partage implique de fait une contribution personnelle, et c’est à travers elle que LabFilms pourra exister et s’épanouir, grâce à la volonté de son public bénéficiaire.

Si, tout comme nous, vous souhaitez LabFilms, aidez-nous à le faire naître !

Si vous n’avez pas les moyens de contribuer financièrement, vous pouvez malgré tout nous fournir une aide précieuse en diffusant la campagne le plus largement possible.

Nous vous remercions immensément pour votre aide et espérons voir cette belle aventure se concrétiser avec vous !

Nous vous tiendrons très informés tout au long de la campagne, restez connectés et partagez autour de vous !

A très bientôt,

Toute l’équipe LabFilms
https://fr.ulule.com/labfilms/
https://www.facebook.com/labfilms/
www.labfilms.org

Trois semaines avant la collecte ! – L’édito de la newsletter #5

Après un mois de septembre sous le signe du dossier de subventions (et du FEFFS), c’est vers le financement participatif que nous nous tournons pleinement en ce début d’automne. Annonce officielle : la campagne Ulule démarrera le 22 octobre prochain !

Et pour l’accompagner, une nouvelle vidéo promotionnelle sortira dans les prochains jours, pleine de jolis visuels de l’interface !

Après plus de deux ans et demi de préparation au contact des acteurs du milieu audiovisuel professionnel et non professionnel, il est temps de faire le grand saut et de mettre notre projet à l’épreuve de son public.

Pour fonctionner une fois mise en place, une plateforme comme LabFilms nécessite une communauté d’utilisateurs étendue, active et diversifiée, nous le savons.
Le financement participatif n’est donc pas seulement un moyen d’obtenir des fonds : c’est aussi l’occasion – avant d’engager les dépenses nécessaires au développement web – de tester une dernière fois le projet et d’en démontrer définitivement la viabilité.

Y-a-t-il une communauté d’utilisateurs possible pour LabFilms, se demandent peut-être certains ? Hé bien, nous aurons la réponse ! Et nous sommes bien sûr convaincus qu’elle est positive. Mais ce sera à vous de le prouver à partir du 22 octobre !

Nous faisons donc le pari d’une campagne de crowdfunding importante, étape indispensable pour initier le développement informatique de LabFilms.

Plus que jamais, nous comptons sur votre soutien ! Contribuez, relayez, propagez, l’avenir de LabFilms se décide dans quelques semaines ! ✊  😃

Préparatifs de rentrée… – L’édito de la newsletter #4

Le mois d’août se termine, et LabFilms poursuit sans ralentir la préparation de sa fameuse plateforme collaborative, dont nous vous parlons sans modération.
Mais préparer une plateforme, ça veut dire quoi au juste ?
C’est déjà imaginer une interface, puis la réaliser graphiquement, tarifer le développement informatique, convaincre des partenaires et bien sûr réunir des financements.

Les trois premières étapes sont à un stade avancé, car elles sont de fait réalisables en interne. Les deux suivantes impliquent en revanche une action mobilisatrice sur la durée, que nous avons pris à bras le corps depuis plusieurs dernières semaines.

Sur le versant public, LabFilms édite ainsi une newsletter, produit des portraits vidéo, et publie des articles de blog autour de la création audiovisuelle spontanée et pré-professionnelle. Sur le versant institutionnel, nous poursuivons notre action partenariale auprès de diverses structures actives dans la médiation ou la création audiovisuelle en régions. Vous pourrez d’ailleurs les découvrir dans une section dédiée sur labfilms.org très bientôt !

Notre objectif, que l’on ne se lasse pas de répéter : fédérer les acteurs en place, et tenir compte des initiatives existantes pour proposer une interface web partagée et utile au plus grand nombre.

Et puisqu’il faut bien se lancer à un moment, nous avons fixé la date de démarrage de la campagne de financement participatif au mois d’octobre. Elle se fera sur Ulule, et croyez-bien que nous vous en tiendrons bien informés !

D’ici-là, nous avons besoin de vous en continu pour faire connaître LabFilms autour de vous et propager avec nous le projet ! (Astuce du chef : vous pouvez inviter vos amis Facebook à aimer la page de LabFilms via un bouton prévu à cet effet)
C’est par un effort commun que ce projet à but non lucratif pourra se voir concrétisé ! ✊

Pour une plateforme sur mesure pour vos projets, pensée par des créateurs pour les créateurs.

Le réseau s’anime ! – L’édito de la newsletter #3

L’été est beau, la France est championne du monde de foot et LabFilms poursuit jovialement son action pour fédérer créateurs et médiateurs divers autour de son projet.

Si la mission première de l’association est bien de lancer une plateforme web collaborative, notre but est aussi de dépeindre les réseaux créatifs de l’audiovisuel en régions, afin de les rendre plus lisibles et plus accessibles à ceux qui espèrent à terme s’y insérer. Le projet LabFilms existe en effet aussi pour permettre à chacun de construire sa voie dans un milieu particulièrement diversifié en termes de métiers et de segments créatifs.

C’est pourquoi nous avons lancé une série de portraits vidéo consacrés à différentes personnalités régionales de l’audiovisuel sous toutes ses formes, professionnelles comme amateures. Vous pourrez dans cette newsletter découvrir le second portrait, et deux autres sont déjà en cours de montage !

A travers ces portraits en série – pour le moment limités à la région Grand Est – nous souhaitons proposer une approche singulière du paysage composite du cinéma et de l’audiovisuel, entendu au sens large.
Car le cinéma et l’audiovisuel, c’est certes la fabrication des films en elle-même et les dizaines de métiers qu’elle mobilise, mais c’est aussi leur diffusion et toutes les activités de médiation qui leur donnent corps (et âme !) : salles de cinéma, festivals, télévision, pôles d’éducation à l’image, universités, critique journalistique, concours, commissions d’aides publiques etc… Tout un écosystème en somme, offrant des portes d’entrées nombreuses pour vivre de sa passion.

Suivez cette série sur Facebook et comprenez comment – et avec qui – le réseau s’anime et l’audiovisuel prend forme !

Et surtout, continuez à partager la page de LabFilms ! La communauté grandit vite, preuve d’une demande réelle du côté des créateurs.  🙂


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Des nouvelles de LabFilms – L’édito de la newsletter #2

Par Timothée Euvrard, président de l’association LabFilms

Depuis quelques temps, nous allons à la rencontre des associations strasbourgeoises actives dans la création et la médiation audiovisuelle. L’idée est de monter des partenariats avec divers acteurs structurants du secteur, investis dans des réseaux créatifs locaux plus ou moins dispersés, mais reliés entre eux par un même objet : la création cinématographique et audiovisuelle bien sûr !

Le but de l’association LabFilms est de favoriser l’émergence créative et d’ouvrir les réseaux de collaboration grâce aux outils numériques. Des outils aujourd’hui largement accessibles, mais dont il faut activement prendre possession pour favoriser la création. N’est-ce pas d’ailleurs le combat actuel des cadors de l’industrie audiovisuelle française face aux surpuissants GAFAN (Google, Apple, Facebook, Amazon, Netflix) ? A une autre échelle, évidemment, mais l’idée n’est pas si différente : se réapproprier la création par la maîtrise de ses conditions de diffusion. Hé bien nous aussi, dans un tout autre style, en partant d’en bas, créons une plateforme commune !

Non pas face à Netflix – ce n’est pas non plus la champions league comme dirait l’autre – mais simplement face à l’indistinction générale dans l’environnement numérique de la création émergente, amateure, pro-amateure, guérilla, autoproduite… tous les termes sont bons. Et surtout face à l’éparpillement des réseaux collaboratifs, des talents qui les constituent, et des ressources qui vont avec. Une plateforme non seulement pour exposer les créations, mais surtout une plateforme pour collaborer, une plateforme pour transmettre, un atelier numérique d’expériences audiovisuelles pour former les professionnels de demain et inspirer ceux d’aujourd’hui.

L’éducation à l’image est devenue une affaire d’état, et c’est tant mieux. Mais la pratique filmique, celle qui donne l’occasion de créer ensemble des formes audiovisuelles, celle-là doit être développée davantage. Pour ceux qui souhaitent découvrir un moyen d’expression aujourd’hui incontournable, comme pour ceux qui souhaitent en faire leur métier.

Cela ne se fera pas sans fédérer et structurer les réseaux aujourd’hui existants. Nous proposons de le faire autour d’une plateforme collaborative et associative, autrement plus directe que les newsletter et groupes Facebook dont nous disposons aujourd’hui.

Vous êtes une association ou un collectif audiovisuel ? Vous souhaitez être partenaire ? Contactez-nous ! Du Grand Est (où nous sommes basés) ou d’ailleurs, élargissons le réseau.


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Sous des airs de démocratisation… La création filmique auto-produite, une pratique collective fortement contrariée

Pour le même article, dans une version plus confortable, c’est par ici !

Une troupe de théâtre a généralement besoin d’un lieu défini pour répéter et créer une pièce collectivement. De fait, l’art théâtral possède un lieu de création qui lui est propre, le théâtre, lui permettant de bâtir ses représentations dans un relatif isolement vis-à-vis du réel extérieur. Le cinéma, dans sa forme majoritaire, fonctionne à l’inverse. Sa matière première est le plus souvent le réel lui-même, dans lequel il a besoin d’aller puiser directement, par le procédé de la captation filmique. Dans la plupart des cas, il n’a donc pas besoin d’un lieu de création collective unique et régulier.

Par ailleurs, si l’œuvre théâtrale advient au moment de sa représentation sur scène, lorsque se produit la rencontre « vivante » d’un public et d’une troupe, tout se décide dans une salle de montage pour l’œuvre cinématographique, en l’absence du public. Le résultat final de la réalisation d’un film ne repose donc pas – comme au théâtre – sur une performance collective à un moment T dans un lieu défini, faisant suite à une longue période de répétitions elles aussi très localisées. Tout dépend plutôt d’une série cumulative de gestes créatifs décalés dans le temps et l’espace, et extrêmement divisés. Aucun lieu n’est ainsi véritablement structurant pour la création cinématographique comme activité collective. Une activité aboutissant à un produit immatériel figé et infiniment reproductible, qui s’expérimente en l’absence de ses auteurs, dans un lieu tout à fait contingent.

Le cinéma est bien une affaire de mouvement avant d’être une affaire d’espace : il naît dans le mouvement d’une équipe plus que dans l’espace fixe d’un lieu de travail, et la dématérialisation de ses supports de diffusion lui permet de défiler en tout endroit à l’identique.

Ces remarques introductives nous permettent de mettre en lumière ce fait que, contrairement au spectacle vivant, la réalisation filmique n’a pas vocation à s’appuyer sur un lieu de travail régulier et fixe pour mobiliser ses nombreux participants. Au cinéma, contrairement au théâtre, c’est l’œuvre qui dicte les lieux de travail, et non le lieu de travail qui conditionne la réussite de l’œuvre. Les lieux ne sont donc pas structurants mais pratiques et circonstanciels. Ce constat a de nombreuses conséquences sur l’organisation de la création cinématographique, et n’est pas sans lien avec les difficultés qu’elle pose dans un cadre amateur. Plutôt que sur un lieu structurant, le cinéma s’appuie en effet sur une rationalisation poussée de ses méthodes organisationnelles et collaboratives, pour mener à bien ses projets. Les divers intervenants de la création doivent effectivement être en mesure de se coordonner, sans pourtant intervenir ni aux mêmes moments, ni sur les mêmes éléments de la création, ni sur le même lieu de travail. À notre sens, cette rationalisation de la méthode productive vient en fait directement compenser l’absence d’un lieu de création cinématographique unique et structurant (comme peut l’être l’enceinte du théâtre pour l’art théâtral), absence qui limite continuellement la possibilité de souder un collectif de travail sur le long terme.

C’est bien pourquoi les collectifs amateurs de pratique filmique ont tant de mal à émerger et à exister sur la durée : ils sont pleinement confrontés à cette absence de lieu créatif inhérente au cinéma et n’ont pas accès aux moyens organisationnels compensatoires pour y faire face. Ceux-ci sont en effet particulièrement difficile d’accès hors du monde professionnel.

Faire du cinéma collectivement en amateur est ainsi beaucoup plus compliqué que faire du théâtre ! Il n’y a en effet ni lieu, ni système organisationnel compensatoire pour fédérer les intervenants. À une époque où les caméras sont partout et maniées quasi quotidiennement par la majorité, peut-on pour autant dire que la création filmique est une pratique véritablement démocratisée ? Il est permis d’en douter fortement.

Chez LabFilms, nous estimons néanmoins que les technologies numériques sont aujourd’hui en mesure d’abaisser les barrières à l’entrée sur le plan organisationnel, tout comme elles l’ont déjà fait sur le plan des techniques de prise de vues (une première étape de la démocratisation des pratiques de l’image). Les cinéastes amateurs ont depuis longtemps accès à des caméras, mais ils ont encore besoin d’une interface où se rencontrer, s’organiser, et partager leurs expériences. Ce que propose LabFilms, c’est donc en quelque sorte de fournir un lieu numérique à la création cinématographique et audiovisuelle. Car si la grande accessibilité des outils de captation vidéo permet à tout le monde d’être cinéaste aujourd’hui, c’est en réalité surtout en individuel. L’aspect éminemment collectif de la pratique demeure un défi pour les créateurs isolés.

En témoigne, la difficulté pour les amateurs de trouver des structures collectives pour exercer leur pratique. En comparaison, les passionnés de théâtre n’auront guère de mal à intégrer des troupes associatives ou des groupes de pratique dans n’importe quelle ville. Les troupes et les cours de théâtre existent en effet sous la forme de nombreuses associations ouvertes, quand les collectifs de réalisation sont généralement bâtis sur des cercles d’amis préexistants et plus fermés. Les associations de théâtre ou d’arts vivants sont des lieux, les collectifs de cinéma sont des mouvements… Les premières se constituent plutôt selon un système ouvert, les seconds par affinités électives au sein de réseaux préexistants.

L’absence de lieu de création structurant au cinéma se traduit donc par une grande rareté des structures amateures de pratique collective. Malgré l’important succès sur internet de quelques collectifs isolés, la création filmique collective en amateur s’avère ainsi globalement très peu organisée, comparativement à l’ampleur de l’engouement populaire que les pratiques audiovisuelles suscitent. En définitive, les pratiques collectives de l’image en mouvement ne sont aujourd’hui pas véritablement démocratisées, en dépit de la croissance exponentielle des usages individuels des appareils de prise de vues (par le biais principalement des smartphones). Filmer individuellement, ce n’est pas créer collectivement. Comme nous le disions, cette situation nous semble pourtant aujourd’hui pouvoir être dépassée grâce aux outils collaboratifs offerts par le web. En proposant la mise en place d’une plateforme collaborative gratuite dédiée à la création cinématographique et audiovisuelle, LabFilms entend ainsi fournir une réponse à la problématique organisationnelle des productions amateures, et favoriser par-là le développement artistique des pratiques de l’image.

Un mouvement associatif d’origine canadienne, relativement répandu en France, a bien essayé de bâtir des lieux de création du cinéma amateur, et y est parvenu dans une large mesure : c’est le mouvement Kino. Il promeut la réalisation collective de films non professionnels, avec peu de moyens et dans un esprit d’entraide. La charte de l’association Kinopaname (désormais Kino pop Paname) en détaille ainsi l’ambition : « Kinopaname a pour but de promouvoir une voie de production alternative qui a son propre fonctionnement basé sur la devise « Faire bien avec rien, Faire mieux avec peu, Mais le faire maintenant ». Kinopaname défend un cinéma audacieux, original et insoumis qui échappe aux contraintes sélectives de la production et des organismes officiels du cinéma, et où l’absence de moyens financiers est palliée par la motivation et l’entraide des participants. Kinopaname offre un cadre pour la réalisation et diffusion de ces films, par le biais de projections et d’ateliers de création, dans un contexte convivial et chaleureux qui favorise le rapport direct entre les créateurs et le public. »

Ce mouvement populaire, qui inspire LabFilms sur de nombreux points, fonctionne par des « évènements de production spontanée », les Kino-Kabarets, où les créateurs se rencontrent sur quelques jours. Il se résume donc à des rencontres physiques et ponctuelles, et aucun prolongement numérique n’existe à ce jour, qui pourrait donner à la pratique une plus grande continuité. LabFilms entend justement réaliser ce prolongement, en exploitant les possibilités collaboratives offertes par le web et le numérique, par la mise en place d’une plateforme de rencontre et d’échanges entre créateurs, de travail collaboratif sur leurs productions, de promotion et de diffusion de leurs films.

Il s’agirait là d’une étape de plus – et nous la croyons décisive – vers la démocratisation véritable des pratiques collectives de l’image en mouvement.